Le(s) rendez-vous de l’Agriculture

Pierre Boulanger | February 25th, 2008 - 3:29 pm

Paris accueille son salon international de l’agriculture où 600,000 visiteurs sont attendus. Durant 9 jours, professionnels et particuliers vont admirer ou découvrir la richesse et la diversité des filières agricoles et agroalimentaires. Le défilé des politiques caressant maladroitement un agneau du Poitou-Charentes ou savourant du Roquefort va être quotidien. Jacques Chirac dont la popularité en milieu rural a toujours été notable est attendu dans les allées de la Porte de Versailles, non plus en tant que président -défendeur inconditionnel de la PAC -mais en ami fidèle.

Pour son premier discours d’inauguration du salon, il incombait à Nicolas Sarkozy d’affirmer une ligne d’action différente et réformiste. Nicolas Sarkozy a affirmé souhaiter « la rupture avec le conservatisme et l’immobilisme » avant de déclarer à son auditoire : « les agriculteurs de France, on les a souvent flattés, souvent, à la veille des élections – remarquez comme il y a toujours des élections – vous avez été flattés souvent. Moi, ce que je veux, c’est obtenir des résultats et que vous me jugiez pas simplement sur les mots, les discours mais sur ce que l’on fait avec le Ministre, sur ce que l’on obtient et pour lequel on se bat ».

Dans la lignée de son premier discours de politique agricole tenu à Rennes en septembre 2007, il a réitéré sa volonté de « jouer un rôle offensif » et d’abandonner la « posture purement défensive et conservatrice qui a trop souvent été la nôtre ». Caractérisant les agriculteurs d’entrepreneurs, son message semble avoir séduit une population rurale ayant voté majoritairement en sa faveur lors des élections présidentielles. Effectivement, en cette année de « bilan de santé » de la PAC et présidence de l’Union européenne, il revient au gouvernement français d’adopter une dynamique nouvelle et durable envers les agriculteurs et les territoires.  

Se référant à l’évolution favorable des marchés internationaux, il a insisté sur une politique de prix rémunérateurs. De même, il a plaidé pour un renforcement et une meilleure organisation des interprofessions afin de mettre en place une gestion moderne des marchés, tout en appelant à une adaptation du droit de la concurrence européen. A l’échelle internationale, il a associé à l’ouverture des marchés, la nécessité d’une concurrence juste et loyale. « Parce que vous savez très bien que l’avenir de l’agriculture ne se joue pas à Paris simplement et cela ne se joue pas simplement à Bruxelles. Cela se joue d’abord à Genève », on ne peut plus continuer pour Nicolas Sarkozy « à imposer à nos entreprises agricoles un dumping environnemental, un dumping social, un dumping fiscal, un dumping monétaire, dont l’ampleur croit chaque jour, bien au-delà des débats feutrés de Genève » tandis que dans le cadre du Cycle de Doha, « les pays émergents considèrent qu’ils n’ont que des droits et aucun devoir ».

Le président français est « convaincu que la PAC doit être rénovée, refondée » et que dès 2009, soit engagée en France « une véritable refondation des modalités de mise en oeuvre de la PAC » dans la lignée des objectifs et premières réflexions issues des Assises de l’agriculture. Il s’est également réservé un effet d’annonce en déclarant la candidature de la France auprès de l’UNESCO pour l’inscription du patrimoine gastronomique français au patrimoine mondial.  

Michel Barnier, quant à lui, donnera au cours du salon trois leçons publiques sur la PAC ; le ministère de l’agriculture et de la pêche ayant retenu…les bénéfices de la PAC comme thème de communication du salon international de l’agriculture 2008.

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